Les ragnagnas c’est quoi ?

Les règles, les menstrues, les ouins- ouins, les « trucs », autant d’expressions fleurissent pour signifier qu’une femme a ses coquelicots, ses ourses, ses mickeys, ses lunes, ses parents de Montrouge, les Anglais qui débarquent, sa semaine ketchup, ses cardinales, ses Isabelles, bref…du sang dans la culotte…
Pourquoi une telle pudeur de termes pour désigner un mouvement de notre appareil reproducteur ?
Et d’ailleurs pourquoi ça tous les mois ?

 

J’ai beau être une femme, et avoir goûté à cette joie de ragnagnas depuis X années (je tais mon âge pour préserver le mystère…) pendant longtemps j’ai subi mes menstruations sans savoir à quoi elles correspondaient.

 

Alors voilà… l’explication…
A chaque cycle, la paroi interne de l’utérus s’épaissit pour être prête à recevoir un œuf fécondé et lui constituer un nid douillet favorable à son bon développement.
En l’absence de grossesse, cette muqueuse se désagrège et est évacuée sous forme de saignements.
Tout simplement…
En gros, c’est comme si un bon bain chaud attendait quelqu’un, que ce quelqu’un ne venant pas au bout de 3 semaines, le bain, devenu un peu tiède, décide de s’auto vider puis de se remplir de nouveau avec une eau propre et chaude pour réattendre ce quelqu’un…
C’est plus clair ou c’est pire ?

 

Depuis que je visualise un peu plus ce qu’il se passe dans mon corps, je le vis un poil mieux… Je me dis que mon corps s’auto-nettoie… que mon four actionne sa fonction pyrolyse. Ça m’aide à relativiser les désagréments mensuels. Parce que ce truc qui fait la fortune de Monsieur Tampax, demande un sacré boulot à notre corps !

 

C’est pourquoi il n’est pas anormal de se sentir fatiguée (pour ne pas dire épuisée) et que des douleurs (qui peuvent être atroces) surviennent; car elles correspondent à la contraction des muscles de l’utérus.
Mais ce n’est pas une fatalité. Déjà ça peut changer spontanément. J’ai pour ma part beaucoup moins mal que lorsque j’étais ado ! Endurcissement face à la douleur ou profond changement… Seul mon utérussounet le sait…Ensuite il existe des médicaments pour atténuer la souffrance, le médecin les prescrit sans soucis.
Et enfin, la vie étant profondément injuste, les règles de certaines femmes ne sont là que pour la déco… A croire qu’elles ne subissent aucun désagrément…

 

Nous ne sommes pas égales face à mère nature. Certaines femmes saignottent, telles de fines gouttes de pluie, 3 p’tits jours et puis s’en vont; pour d’autres (comme moi) c’est le déluge pendant une semaine.

 

Et pire encore ! Tous les mois, j’ai le ventre gonflé, les boutons qui répondent en chœur « présents », les cheveux plats, la larme facile et une petite tendance à voir la vie… en noir.
Quand ce pack bien complet se pointe je me demande à chaque fois  » Mais qu’est-ce qu’il se passe ? » Et bingo le lendemain matin…la réponse est sur mes draps… Oups…

 

Même avec le temps, je ne m’y fais pas à ce syndrome pré-menstruel. Il ne se manifeste pas de la même façon chez toutes les femmes et d’ailleurs parfois pas du tout chez les Miss Parfaites.

 

Car oui ne l’oublions pas, outre nous pourrir la vie, tout ceci a pour but de faire tourner efficacement notre machine à reproduire.

 

La pilule a, pour ma part, atténué de façon considérable tous ces symptômes; ce qui est logique puisqu’elle est censé bloquer l’ovulation.
Et oui contrairement aux termes qu’on emploie habituellement, ce sont des saignements (appelées « hémorragie de privation ») qui nous rendent visite 1 fois par mois lorsqu’on est sous contraceptif oral, et non pas des règles !

 

Avantage de la pilule (en plus de ne pas tomber enceinte de façon involontaire) : plus d’atroces douleurs, fini le moral dans les chaussettes, plus de boutons et aussi et surtout parfois plus de règles du tout. (Bon ça saigne quand même me direz-vous mais pas forcément… cf la suite)
Inconvénients : plus de raison de se plaindre.

 

Enfin si… Reste une raison de se plaindre… Quelques jours par mois on ne peut ni jouer au strip poker, ni aller aux toilettes d’un bar sans son sac à main, et surtout, on troque le tanga en dentelle transparent pour le gros shorty en coton troué. #sexytime
Mais si la contraception hormonale est bien prise, il est facile d’anticiper ses jours d’indispo…. En reportant la partie de strip poker par exemple…
Je me souviens qu’ado, ces petites malignes de capricieuses se pointaient toujours au mauvais moment! En forêt au milieu de nulle part, sur une plage nudiste, ou encore sur le nouveau canapé blanc de papa… Oups…
Puis quelques mois de pilules plus tard, abracadabra, j’étais réglée comme du papier à musique! Tous les 21 jours hop! Au menu: une semaine de coulis de framboise fait maison !

 

Mais attention, si on oublie, même une toute petite fois sa contraception, quel que soit le jour et qu’on a un rapport sexuel non protégé dans les 5 jours qui précèdent l’oubli, il est impératif de prendre la pilule du lendemain pour rester protégée d’une éventuelle grossesse non désirée.

 

Je réalise tragiquement que finalement je sais très peu de choses sur la façon dont fonctionne mon corps. Si c’est le cas pour moi alors qu’en est-il de mon copain, le sexe masculin? C’est sûr que sa note au contrôle surprise sur l’appareil féminin ferait chuter sa moyenne illico…
Alors que le cycle de la femme c’est « l’histoire de la vie…. » (petite note de musique)
Si malgré mes cours de SVT et Doctissimo je suis peu renseignée sur la question, je n’ose à peine imaginer comment faisaient mes grands-mères pour ne pas tomber enceinte tous les mois. Et pourtant j’ai entendu dire qu’avant la commercialisation des moyens de contraception, les femmes pouvaient se protéger en « calculant »…
Le principe ? Éviter les rapports sexuels lors des jours féconds.
Comment reconnaître les jours féconds ?
Oups… Le 14ème jour ? Faux… le corps des femmes n’est pas une horloge Universelle. Certains sont réglés à la minute, d’autres sont capricieux et n’en font qu’à leur tête d’un cycle à l’autre.
Faire l’amour pendant les règles ?
Déjà faut-il que l’idée excite Monsieur, c’est pas gagné, et en réalité mise à part au premier jour des règles, un rapport non protégé, est un rapport qui peut engendrer une grossesse.

 

Résultat : Maman 6 fois à l’âge de 23 ans comme mamie… Pas si efficace le remède de grand-mère pour une fois ! Imparfaites depuis au moins 2 générations si je comprends bien…

 

Mais bon je ne vais pas me plaindre c’est grâce à son erreur qu’indirectement j’suis un peu en vie.
Et même si tous les mois on s’fait l’effet d’être une entrecôte saignante, y’a pas à rougir de taxer un tampon à une inconnue, de laisser trainer sa cup à côté du rasoir de son chéri car qu’on le veuille ou non le cycle de la femme « c’est le cycle éterneeeel » (petites notes de musiques).

 

Miss imparfaite par Laura Domenge