Les coups d’un soir et la contraception

les coups d'un soir

 

« J’ai attrapé un coup d’un soir, un coup d’amour, un coup d’plumard »… 

 

Lorsque je me suis séparée de mon ex (ou plutôt lorsqu’il m’a larguée comme un vieux slip délavé troué sans élastique en synthétique), étrangement, j’ai découvert une petite chose qui vivait assez discrètement en moi du nom de « Libido. »
Libido me paraissait sympa mais capricieuse. En fait je ne la connaissais pas vraiment. La coquine se cachait soigneusement dans sa taverne lorsque son allié, le mâle désireux, lui était servi sur un plateau d’argent en forme de lit douillet !

 

Mieux vaut tard que jamais, certes, mais pas de chance, c’est quand je suis célibataire que cette filoute de Libido sonne au portail !

 

Dois-je la faire patienter jusqu’au prochain prince presque charmant à bord de son vélo blanc qui ne trouvera peut être jamais l’autoroute qui le mènera au studio qui me sert de château ?
Dois-je la faire taire à vie?
Me maquer avec le prochain qui voudra de moi pour la satisfaire ?
Ou bien trouver un petit-en-cas (pas le yaourt… C’est une métaphore) ?

Un coup d’un soir ? Moi ? Je n’oserai jamais ! Me suis-je toujours dit…

 

« Il ne faut jamais dire jamais » a dit quelqu’un qui devait être sacrément sûr de lui.

 

Un soir que je rentrais chez moi, 3H40 du mat, du bruit chez la voisine du 5ème.
Je pique une tête, « Je déménage ! Viens fêter ça »
Aussitôt dit, aussitôt ivre, me voici 1h plus tard parfaitement intégrée dans cette soirée d’illustres inconnus.
Un homme me regarde. Moi ? Vraiment ? Il semblerait que oui…je lutte contre la fille sérieuse prude et pudique qui est en moi pour laisser émerger une de celles que j’ai tu jusqu’alors, L’Aventurière, la meilleure pote de Libido.
L’Aventurière soutient le regard du jeune inconnu. Pire elle lui sourit. Il lui sert un verre (un de plus) qu’elle gobe d’une traite. « Tu habites où ? » dit-il.
« 2 étages plus haut » répond-elle. La Sérieuse, meilleure pote de GrosDodo, me fait boire de l’eau et tente de me raisonner en vain.

 

L’Aventurière a pris les devants en lui prenant la main.

 

Nous voici, lui, moi, Libido et les archétypes qui me composent, quelques blagues, anecdotes et danses plus tard, au 7ème…étage… (pas ciel…).
Je me découvre moins trouillarde que ce que je pensais. Nous n’évoquons pas l’idée de faire un Scrabble et passons directement aux choses sérieuses. Je ne me reconnais pas mais me sens moi. Je ne me sens ni plus ni moins jolie que d’habitude, j’ai toujours mes complexes de fille à cellulite, aux tibias piquants et au ventre brioché, mais pour la première fois… Je m’en fous poil au minou ! Je sais que ce n’est pas l’homme de ma vie.

Mon coeur ne palpite pas mais mon corps frémit. Puis soudain…
Oups…
Je n’ai pas de préservatif(s)…
Les quatre dernières années, j’étais installée dans une relation basée sur la confiance et la pilule, j’ai donc eu la naïveté de croire que ça ne me servirait plus. HAHAHAHAHAHAHAHAHA c’est beau l’innocence.

Or, ne connaissant ce garçon que depuis 2h, sur le dancefloor entre Claude François et Beyoncé il me semblait un peu délicat de lui demander ses dernières analyses VIH, Chlamydia, Syphilis et j’en passe.

 

« Cette année là je faisais traiter mes chlamydia  » 

 

I need a condom ! Je ne suis pas encore prête à être mère. Encore moins à m’accoupler avec cet inconnu dont je ne connais que le prénom.

« Maman, c’est qui mon papa ?
-Il s’appelait Jérôme. Ou David. Ou… Je ne me souviens plus très bien.
-Et il était comment ?
-Bourré. »

Heureusement Monsieur a de quoi faire. Je n’atteins pas le 7 ème ciel au 7 ème étage mais Libido est ravie. Elle a dévoré ce charmant goûter et digère tranquillement. L’Aventurière a fini par trouver un terrain d’entente avec La Sérieuse en s’endormant paisiblement dans les bras de cet « inconnu » un peu plus connu à présent.

 

Le lendemain, la (presque) belle au (gueule de) bois dormant, se réveille tendrement…

 

Je réalise immédiatement que je n’ai pas envie de partager ma matinée avec ce jeune homme. Ni celle-ci, ni aucune autre.

 

Il se conjuguait parfaitement au présent d’hier mais pas à celui d’aujourd’hui.

 

Un dimanche c’est précieux, alors « Debout Monsieur ! Il est l’heure de vivre ! »
Je le raccompagne poliment à la porte. Nous n’échangeons pas nos coordonnées. Sans malaise aucun, mais notre histoire s’arrête ici, sur le pas de ma porte, un joli dimanche de février.
Sans préméditation, aucune, j’ai vécu mon premier « coup d’un soir »

 

My first « One Night Stand ». C’est plus chic en English.
« Coup » ce n’est pas très érotique. Ca sonne plutôt baston ou pochetron « allez viens boire un p’tit COUP à la maison » .

 

Nous ne nous sommes jamais recroisés. Il ne m’a jamais manqué mais j’y repense en souriant. Un premier ça compte !

Par la suite, j’ai pris goût aux « One Night Stand »… Au point de m’en empiffrer. Ca ne fait pas grossir mais j’ai vite été rassasiée…

Parce qu’un petit-en-cas (c’est toujours une métaphore) ne peut pas substituer un bon repas.

Parce qu’il est arrivé, parfois que j’espère secrètement que « cet homme pour un soir » veuille bien rester le matin, puis les suivants et ceux d’après…

 

Libido, Aventurière, Sérieuse mais aussi Gaffeuse, Trouillarde, Sensible, Bougon… bref… Moi, Miss Imparfaite à présent je veux plus qu’un « coup d’un soir » alors je me réserve pour si ce n’est un prince (presque) charmant, au moins une jolie rencontre.
J’aurai malgré tout appris que garder une boite de préservatif au chaud dans un tiroir (plus quelques uns au fond du sac à main) n’est pas très encombrant et peut s’avérer utile.
Car « sait on jamais » comme le dit une fille qui n’est pas très sûre d’elle.

 

Miss Imparfaite par Laura Domenge