Méthodes de contraception « naturelles » : les bonnes raisons de ne pas s’y fier

Clinical thermometer located on fertility chart

On entend par contraception « naturelle » des méthodes ne nécessitant aucun médicament ou dispositif interférant avec l’acte sexuel.

Il s’agit de la méthode du retrait, de l’abstinence périodique et de l’aménorrhée lactationnelle. Ces 3 méthodes ont un taux d’échec élevé, exposant au risque d’une grossesse non désirée.

Ceci dit, comprendre sur quels mécanismes elles se basent permet d’avoir une connaissance fine du processus de la fécondation et de déjouer certains pièges lors de rapports sexuels non protégés.

Le retrait

Le principe

Pendant l’acte sexuel et avant l’éjaculation, le garçon retire son pénis du vagin et l’éloigne de la vulve afin qu’aucun spermatozoïde ne puisse parvenir jusqu’à l’ovule pour le féconder.

Les raisons des échecs

L’éjaculation se contrôle difficilement. Les premières gouttes de sperme, qui peuvent contenir beaucoup de spermatozoïdes, sortent parfois sans que les garçons les sentent.

  • Avant l’éjaculation, le liquide pré-séminal qui s’écoule du pénis pendant les rapports sexuels peut contenir des spermatozoïdes. En effet, même si théoriquement ce liquide n’en contient pas, il peut entraîner avec lui des spermatozoïdes qui seraient restés présents après une précédente et récente éjaculation. L’astuce qui consiste à uriner avant le rapport sexuel pour que les spermatozoïdes présents sont évacués dans l’urine diminue les risques, mais ne les annule pas complètement !
  • Même sans pénétration vaginale, le sperme peut tout de même couler par accident dans le vagin. Ainsi lors d’une éjaculation sur une partie du corps de la fille proche du vagin, ou lors d’une sodomie, des spermatozoïdes peuvent remonter dans l’utérus.

 

L’abstinence périodique

Plusieurs méthodes

Les méthodes – parmi lesquelles la fameuse méthode Ogino (la plus ancienne), la méthode des températures ou encore l’analyse de la glaire cervicale – reposent sur l’observation du cycle menstruel féminin et tentent de déterminer précisément le jour de l’ovulation.

En croisant la durée de l’ovulation (24 heures) avec la durée de vie dans l’utérus des spermatozoïdes (5 jours), on détermine la phase de fécondité d’une femme.

Pendant cette période, l’abstinence totale de rapports sexuels doit être respectée afin d’éviter tout risque de grossesse non désirée.

Des tests d’ovulation vendus dans le commerce permettent également de connaître la date à laquelle l’ovocyte est prêt à être fécondé en détectant la présence d’une hormone dans les urines.

Comme les spermatozoïdes restent fécondants pendant 5 jours, ces tests d’ovulation qui signalent l’imminence de l’ovulation n’ont pas une efficacité élevée.

Les raisons des échecs

Même lors de cycles réguliers, il est difficile de prévoir très exactement la période de fécondité.

  • La méthode des températures est plus fiable, mais elle est également très contraignante, car il faut prendre sa température tous les matins afin de repérer à quel moment la température du corps augmente.
  • Les deux partenaires doivent accepter des périodes d’abstinence totale, ce qui peut s’avérer difficile et entraîner problèmes conjugaux et de stress psychologique.

 

L’aménorrhée lactationnelle

Le principe

La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) est une méthode de contraception naturelle efficace pendant les 6 premiers mois ou au moins jusqu’au retour de couches.

Les raisons d’être prudente

Après un accouchement, les mères qui allaitent leur bébé ont 98% de chances de ne pas tomber enceinte durant les 6 premiers mois, sous certaines conditions qui doivent être réunies : un allaitement exclusif, à la demande, jour et nuit (au moins 6 tétées par jour) et la persistance d’une aménorrhée.

  • RAPPEL : Quelle que soit la méthode utilisée, seul le préservatif masculin ou féminin protège des infections sexuellement transmissibles et de l’infection par le VIH.