Médicaments, plantes, aliments : attention avec la pilule !

 

Warndreieck

 

 

 

 

 

 

 

On a parfois tendance à l’oublier, mais la pilule contraceptive est un médicament ! Tous les contraceptifs oraux présentent certaines interactions médicamenteuses1.

 

Médicaments

Certains médicaments peuvent diminuer l’efficacité de toutes les pilules contraceptives (combinées ou progestatives), mais aussi celle de l’implant, du patch contraceptif et de l’anneau vaginal. Parmi eux : antituberculeux, médicaments de l’épilepsie, antiviraux utilisés en particulier dans le traitement du Sida2.

Lors de la prise d’antibiotiques utilisés dans des situations courantes, selon la Haute Autorité de Santé (H.A.S.), il n’est pas nécessaire de prendre des précautions supplémentaires, à condition bien sûr de prendre correctement sa pilule et de respecter la conduite à tenir en cas de diarrhée ou de vomissements qui pourraient être provoqués par la prise d’antibiotiques3.

Dans tous les cas, reportez-vous à la notice du médicament qui vous a été prescrit et parlez-en avec votre médecin ou votre pharmacien2.

 

Le millepertuis : le pouvoir des plantes est bien réel

Si le millepertuis (Hypericum perforatum ou herbe de la Saint-Jean) possède de nombreuses vertus utilisées en phytothérapie (notamment dans le traitement de la dépression), il fait baisser l’efficacité des pilules contraceptives lorsqu’il est pris par voie orale (tisanes, gélules…).

Une étude américaine menée par l’université de l’Utah4 a cherché à identifier les effets du millepertuis sur la pharmacocinétique (c’est-à-dire le devenir dans l’organisme) des contraceptifs, sur l’activité ovarienne et sur les saignements inopinés.
Triple bingo ! La consommation de millepertuis augmente le métabolisme des composants de la pilule. Elle est aussi associée à des saignements irréguliers, à une croissance folliculaire et à des ovulations sous pilule dues à une réduction de 13 à 15% de la concentration des composants des contraceptifs dans le sang4.

 

La « polémique du pamplemousse » : intox !

Les interactions entre médicaments et aliments, lorsqu’elles existent, sont clairement indiquées dans la notice.
Certains aliments peuvent altérer l’efficacité d’un traitement médicamenteux : la réglisse, les aliments riches en vitamines K, le café, l’alcool, les agrumes…
Mais à l’exception de l’alcool dont la consommation favorise les accidents de parcours (rapports à risques et/ou oubli de pilule notamment), il n’en est rien dans le domaine de la contraception !

Attention donc à la désinformation concernant notamment le jus de pamplemousse qui a mauvaise presse depuis quelques années, suite à un cas isolé portant à controverses, malgré les diverses mises au point de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé)5.
À ce jour, aucune publication scientifique n’a mis en évidence ni baisse d’efficacité ni augmentation d’effets indésirables lors de la prise simultanée d’une contraception hormonale et d’une consommation de pamplemousse.